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Comprendre le territoire par les données

20/05/2014

Les données peuvent nous permettre de mieux comprendre les usages des territoires et permettre aux collectivités de mieux adapter ou créer services et aménagements.  Texte publié dans la Gazette des communes le 12 mai 2013.

 

Collectivités et institutions publiques recourent traditionnellement à des enquêtes quantitatives afin d’évaluer l’usage des services publics en œuvre sur un territoire (transport, énergie, santé, emploi). Deux méthodes principales sont privilégiées. La première consiste à mesurer des flux et des volumes à l’aide de capteurs (combien de voitures passent sur cette voie ? Combien de patients dans cet hôpital ?). La deuxième consiste à distribuer des questionnaires à des individus pour qu’ils puissent rendre compte de leurs pratiques. Ces enquêtes par questionnaire sont menées dans un souci de représentativité des caractéristiques socio-professionnelles de la population cible. Dans le secteur des transports, on retient par exemple les Enquêtes Ménage Déplacement (EMD) mises en oeuvre par le Cerema, ex-Certu (Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques) ou encore l’Enquête Nationale Transports et Déplacements de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques). Les collectivités et Autorités Organisatrices de Transport s’appuient sur ces données et sur quelques études complémentaires pour décider leurs politiques concernant l’aménagement des territoires et les offres de mobilité. 

 

Des enquêtes peu représentatives

 

Si les enquêtes quantitatives ont le mérite de représenter les habitants d’une zone géographique et permettent aisément de faire des comparaisons d’un territoire à l’autre et d’une année à l’autre, elles présentent également des lacunes. Les EMD, certifiées scientifiquement par le Certu et reconnues d’intérêt général, constituent un parfait exemple. Coûteuses, elles sont réalisées à des fréquences faibles aux vues de l’évolution des comportements de mobilité. Exemple loin d’être atypique, le Grand Lyon a réalisé sa dernière EMD en 2006, la précédente datait de 1995. La représentativité des EMD est également remise en question et particulièrement au niveau de la prise en compte des publics en insertion ou encore des personnes qui ne vivent pas dans le territoire étudié, mais s’y rendent et s’y déplacent. Enfin, cette enquête permet de capter les origines, les destinations, les motifs et les modes utilisés pour les déplacements déclarés, mais ne renseigne pas sur le cheminement emprunté.

 

Impliquer les individus, garantir l’anonymat

 

L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a lancé en 2013 un appel à projet de recherche, avec pour objectif de démontrer qu’il est possible de qualifier les déplacements sur un territoire donné sans passer par une EMD, à moindre coût, en captant les trajectoires des individus. Le projet retenu, intitulé Mobi-Lise* sera expérimenté sur le territoire de Champagne-Ardenne. Il rend compte d’une nécessité d’impliquer les individus et de tracer leurs déplacements à travers l’utilisation de leur téléphone mobile, tout en garantissant leur anonymat. Il prévoit également une agrégation des données déjà détenues par divers acteurs : les collectivités, les opérateurs de transport, les associations, les acteurs locaux de l’emploi, de la santé, de l’éducation ou encore de la culture. L’offre Flux Vision lancée sur le marché par Orange Business Services en novembre 2013 témoigne d’une même dynamique. Elle consiste à se saisir de millions de données issues de l’usage des réseaux mobiles pour fournir des indicateurs de fréquentation et de flux de déplacements sur les territoires. 

 

Des nouveaux outils d’aide à la décision

 

Ces démarches dans le secteur des transports témoignent de la mise en oeuvre de méthodes et d’outils novateurs pour comprendre et évaluer l’usage des services publics. L’agrégation de données multiples ouvre la voie pour la création d’outils d’aide à la décision plus précis et constitue une manne pour les décideurs territoriaux et économiques. Mais, si les indicateurs s’enrichissent, si les outils de visualisation des données s’améliorent, le travail d’analyse des résultats reste bien évidemment de mise.

 

Julie Rieg

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