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Des infrastructures à la smartcity

01/12/2011

Naviguant d'une conférence à l'autre d'une oreille alerte, à l'affût d'analyses complémentaires, de formulations justes et d'innovations sur les mobilités, voici le compte-rendu de la semaine dernière. Ce qui fait sans doute le lien entre la conférence des Echos et celle de l'EBG dont nous tirons ici les verbatims, c'est que le bien-être commence, sinon à prévaloir sur les infrastructures, du moins à en imposer un autre usage, une optimisation. La ville frugale (1) s'esquisse et transparaît déjà dans les propos des uns et des autres. Ce basculement des infrastructures vers le bien-être dans le discours s'accorde d'ailleurs avec "l'émergence d'un citoyen actif". Ce sont eux qui sont "smarts". Ça, c'est nouveau !
 
A LA CONFÉRENCE DES ÉCHOS SUR LES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT (VOIR ICI)
 

Gilles Martin, Président de PMP Conseil, fait état du positionnement des acteurs traditionnels :
"Dans les cahiers des charges de transport, le bien-être des individus ne fait pas partie des objectifs visés".
"Les acteurs traditionnels du transport public sont dans la même position que les dinosaures face aux météorites. Vont-ils s'adapter ou disparaître ?"
"Le marché de demain le plus important, c'est l'urbain. Or toute une série d'acteurs traditionnels n'y sont pas nés".
 
Antoine Hurel, Directeur technique chez Veolia-Transdev, désenchante l'ouverture à la concurrence du marché ferroviaire :
"L'ouverture a la concurrence n'est pas une baguette magique. Elle ne va pas résoudre les déficits, mais elle va contribuer à améliorer les services et leur qualité."
 
Pierre Mesulam, Directeur de la stratégie à la SNCF, fait un appel du pied aux acteurs publics pour l'ouverture à la concurrence du système ferroviaire :
"Au départ nous n'étions pas en faveur de l'ouverture à la concurrence mais nous avons vite compris que cela était nécessaire et même avantageux. Aujourd'hui nous attendons des engagements fermes de la part de la sphère publique sur cette ouverture, et pour commencer un calendrier intangible."
 
Patrick Vandevoorde, Directeur Délégué Général à la Caisse Des Consignations infrastructures, rappelle que les modèles du rail doivent changer :
"Comment réagir face à la crise économique et financière ? En agissant sur la soutenabilité des projets, soit un recours indispensable aux partenariats public-privé. Il est nécessaire de faire une sélection plus rigoureuse des projets, de revisiter l'arbitrage entre ce que paie l'usager et ce que paie le contribuable, et enfin d'internaliser les externalités dans le coût global des biens et des services."
 
Voir à ce propos le support que j'ai utilisé lors de mon intervention dans la table ronde n°1. Une prise de hauteur qui rappelait l'intérêt d'une réflexion sur les services.

 

Cliquez sur l'image pour accéder à la présentation. 

 

Justement, parlons-en de cette ville servicielle et intelligente. Là encore le constat est que le travail sur les infrastructures ne saurait faire l'économie d'un travail sur les consommations. Ces dernières continuent non seulement de croître mais d'accentuer leurs pointes de consommation, imposant leurs conditions aux producteurs et aux autorités, et singulièrement un calibrage excessif du système de production. Là encore, il faut oeuvrer avec l'usager. C'est impérieux.
 
A LA CONFÉRENCE SUR LES OPPORTUNITÉS ET LES FREINS AU DÉVELOPPEMENT DES SMARTCITIES, ORGANISÉE PAR EBG (VOIR ICI)
 
Florence Barale, Conseillère municipale en charge des transports et des territoires à la ville de Nice, souligne un décalage entre les attentes des citoyens et celles des territoires :
"On a du mal à voir les réactions des citoyens sur ces thématiques. Il existe des attentes [autour du logement, de déplacement efficace et rapide] mais elles sont encore focalisées sur les infrastructures aujourd'hui. Au niveau des territoires en revanche, il y a une prise de conscience sur le besoin d'améliorer la qualité de vie en ville et d'offrir des moyens supplémentaires aux citoyens."
 
Bonnet Bernard, Directeur du programme Systèmes électriques intelligents, EDF, souligne l'émergence d'un citoyen actif :
"Pour un opérateur comme EDF, la problématique de ville durable est au coeur. Quatre raisons principales qui nous motivent :La consommation continue à augmenter en France aujourd'hui malgré la volonté de réguler.
La consommation croit encore plus vite à la pointe et en particulier au moment de l'hiver, ce qui pose des problématiques de réseaux et de centrales nucléaires.
L'apparition du véhicule électrique va avoir un effet important sur la consommation et pourrait accroître la problématique des pointes.
Les nouvelles attentes en matière de consommation, sachant que le consommateur est maintenant habitué à l'utilisation des outils issus des nouvelles technologies. Avec les smart grids, on va pouvoir faciliter la régulation des consommations de l'énergie".
 
Guillaume Parisot, Directeur de l'innovation chez Bouygues Immobilier, rappelle que le neuf dans les villes est largement minoritaire !
"On parle beaucoup de l'immobilier neuf quand on parle de réduction, or le neuf ne constitue qu'un pourcent chaque année, d'où la nécessité de penser aussi à l'existant. Par ailleurs, les problématiques ne peuvent aujourd'hui être pensées que sur un immeuble, mais sur un groupe d'immeubles voire un quartier."
 
Il propose également une définition décalée de la smartcity basée sur la demande et non sur l'offre :
"Qu'est-ce qui est smart dans les villes ? Ce sont les habitants, qui doivent mieux utiliser ces nouvelles villes."
"Mediascopie a fait une étude sur les mots de la ville de demain. Ville connectée (pour tous les âges), mixité (de fonction, de forme, générationnelle, sociale), ville économe (recyclage, efficacité énergétique), et le mieux-vivre se distinguent. L'intelligence, c'est l'aspect simple, le naturel de l'utilisation (on oublie qu'il y a de la technologie derrière)."
 
François Lecomte, Forum des Services Mobiles Sans Contact, renforce cette réflexion sur les usages :
"Il est difficile de créer des technologies si on n'a pas de méthodologie pour le réaliser et de réflexions sur les usages."
 
Vincent Weyl, Alcatel-Lucent, rappelle l'importance des partenariats :
"Les solutions toutes faites ne peuvent gagner. La position d'Alcatel est d'y aller dans un écosystème de compagnies qui dépassent le cadre des Télécoms."
 
Enfin, dernière idée, plus optimiste émise par François Lecomte, Forum des Services Mobiles Sans Contact :
"On est face à une destruction créatrice : il va y avoir destruction de valeur et on fait le pari que la création de valeur à côté va être supérieure. C'est l'objet du programme DatAct" (programme de recherche-action qui porte sur le partage des donnés pour la fabrique de services urbains).
 
C'est aussi la suite du programme Do It CitY de Chronos qui fera très prochainement l'objet d'une annonce ambitieuse avec des partenaires.
 
(1) La ville frugale, 2011 - Jean Haëntjens

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