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Du stock au flux, privilégier la valeur du système

13/06/2014

La civilisation numérique a ceci de nouveau et de profondément déstabilisant que l’on passe d’une ère transactionnelle à une ère relationnelle, d’une approche linéaire du monde à quelque chose de plus systémique. Penser une action en termes de résultat dans le cadre des procédés d’innovation de service est se condamner à un échec probable. Texte publié dans la Gazette des communes le 12 mai 2013.

 

 

Sortir des logiques purement transactionnelles

 

A la croissance des trente glorieuses succède trois décennies de faible croissance, en partie due au pillage des ressources naturelles sur lequel s’est appuyé cette même révolution économique. Il est désormais impossible d’ignorer le mouvement, la rétroaction des systèmes et la traîne d’effets d’externalités que suppose toute action. Le battement de l’aile du papillon au fond de la forêt amazonienne a bien ici des effets sur notre climat. Nous le mesurons.

 

Les effets des crises financières, sociales, alimentaires, environnementales sont impossibles à projeter,  aucun modèle ne mesure leur interaction. Tout engagement dans un processus d’innovation qui traite d’interactions citoyennes, de territoires et de systèmes ne peut être pensé de façon transactionnelle : j’investis X, j’en attends Y. Bien souvent, les tableurs Excel indiqueront une perte ou un retour sur investissement nul. Les powerpoint oublieront de souligner les possibles interactions que généreront des solutions innovantes et condamneront le projet dès son origine. 

 

 

Mesurer les externalités

 

Penser une société connectée, c’est intégrer un calcul des effets d’externalité, c’est accepter une méthode agile qui se conduit fonction de mesures de résultats objectives et ouvertes, qui se réévaluent. Il faut considérer ces innovations non comme solutions en soit, mais comme parties prenante d’un système qu’il s’agit de comprendre et d’éclairer en permanence.

 

Les externalités propres aux politiques d’innovation correspondent notamment à des dimensions immatérielles : réputation, bien vivre, amélioration de la santé, pacification des relations,… à considérer au premier rang des projets de politique de développement. Une société du flux et de l’interaction, qui génère d’abord de la transversalité, est une société de l’externalité. Sans outils de mesure, sans culture même de la question, on sait estimer une externalité négative, difficilement une externalité positive, considérée comme allant de soi. Comment dans cette optique penser et accepter le risque du développement d’une politique reposant principalement sur des tenants immatériels ? 

 

Dans cette équation, plus l’usager sera présent, plus il participera à achever et à abonder les systèmes de manière positive. Seule la capacité à générer une multiplicité d’interactions permet la compréhension des besoins émergents dans la société. L’économiste Yann Moulier Boutang démontre qu’un calcul permis grâce à l’intégration des externalités ramenées dans la sphère du marché a des effets certes intéressants mais insuffisants car nombre d’éléments impactés ne seront jamais monétisables. Dans cette optique, il appelle à une réflexion plus systémique, s’inspirant des logiques apprises du développement durable, ou l’immatériel et l’étude des systèmes est au cœur des process. D’une certaine manière, sur une base durable et systémique, la ville numérique, constituée de flux connectés et d’interactions temps réel est un écosystème, éprouvette d’un monde que l’on peut maintenant reconstruire.

 

Bruno Caillet

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