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Pour une coopération de la donnée

14/09/2013

A l'ère des big data et de l'open data, nous devons travailler à des nouvelles formes de coopération et de partage de la donnée - data sharing -, pour que chacun reprenne la main sur la coproduction de services. (tribune parue sur Les Clés de demain - supplément Le Monde.fr - 29/08/13)

 

Seules de rares compagnies profitent aujourd'hui de la mise à disposition des données d'acteurs publics, d'usagers et d'entreprises, valorisant à leur seul profit une forme d'intelligence numérique "augmentée", créant patiemment une véritable rente à-venir. Chaque usager confie pourtant ses données contre une promesse de débouchés ; comprenant les risques de ce système de privatisation de la donnée, mais se retrouvant pris dans une relation contractuelle dont il n'a aucun moyen de maîtriser les termes. Dans ce contexte, le partage des données est une alternative à étudier, elle suppose une coopération de la donnée, dont les règles du jeu sont en train de se formuler.

Nos sociétés s'organisent progressivement par le traitement massif des données, publiques ou individuelles, qu'elles soient insérées dans le circuit délibéremment ou non. Dans ce projet systémique, une donnée produit du service, qui appelle une autre donnée, augmentant ainsi le dit service. Cette rente réservée aux seuls méga opérateurs de l'Internet présente les grandes caractéristiques de la société connectée : Big business, plusieurs centaines de milliards sont annoncés sur ce marché ; Big brotherl'affaire Snowden et les pressions faites sur certains acteurs pour publier leurs données ; Big bangle rachat du Washington Post par Jeff Bezos rappelle que les vieilles économies n'existent plus hors des flux.

La domination des géants du web inquiète, au point qu'Angela Merkel appelle maintenant à la création d'un Google européen. Pourtant d'autres modes de résistance se conçoivent, des acteurs mobilisent et sont en mesure d'animer un maillage encore émergent, mais apte à nous émanciper, à condition d'agir en coopération. 

Dépassons la simple notion d'open data pour activer des dynamiques de partage des données (data sharing). Acteurs publics et privés s'attellent déjà à la construction d'alternatives et à la mise en place de solutions opérationnelles, prenant la forme de régies de données, pensées autour des dynamiques de partage, pour coproduire des services sans attendre que d'autres s'en chargent.

Un groupement d'entreprises et de territoires travaille depuis trois ans à la définition d'un modèle de régie et de label, équitable et rentable pour chaque acteur. Dans le cadre du programme Datact, les participants acceptent un partage de leurs données, de leurs publics, de leurs API ou de la production de services, affirmant ainsi une position d'actionnaire coopérateur. Interdépendants volontaires, utopistes ou non, chacun opère dès lors un partage pragmatique pour adapter son organisation aux flux de données, aux connexions et donc aux services, devenus incontournables.

Bruno Marzloff & Bruno Caillet

 

DATACT @datact

Quand la connexion s'accroît (-10 pts), la confiance se ratatine (-15 pts). 81% des internautes perplexes sur l'exp… https://t.co/sxXH9IxlST


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DATACT @datact

Du difficile exercice de la cryptographie, à la fois outil de protection et de perversion. https://t.co/LlqYXXjOhH